Cette situation est hautement ironique. En effet, par le biais de l'UEM, l'intégration européenne court peut-être à sa perte. Les électorats nationaux vont se mobiliser contre l'Europe si celle-ci engendre une instabilité économique, une démocratie affaiblie et une citoyenneté décroissante. Si les électeurs estiment que le seul moyen de reprendre le contrôle est de le retirer à l'Europe, il se peut qu'ils entament le processus. Cela suffirait peut-être à sonner le glas de l'Europe. Il s'agirait d'une perte terrible parce qu'à ce moment de l'histoire, le seul moyen de donner aux Européens le degré de contrôle sur l'économie nécessaire à la sauvegarde de leurs gains historiques est d'étendre ces gains au niveau des institutions européennes. On peut encourager les hommes politiques nationaux à le faire s'ils ne se laissent pas séduire par le chant des sirènes nationalistes auquel l'orientation actuelle de l'intégjration donne le "la".
La première étape serait de renégocier les termes de l'UEM. La Banque centrale européenne doit être responsable de l'emploi et de la stabilité des prix et cette responsabilité doit être mise en oeuvre en rendant cette banque centrale responsable devant les gouvernements des Etats membres élus démocratiquement. En outre, les compétences en matière de politique fiscale doivent être restaurées dans chaque Etat membre et renforcées au niveau européen. D'autres étapes pour revenir à de plus grandes "redémocratisations" en Europe incluraient de donner plus de pouvoir au Parlement européen. Toutefois, cela ne servirait à rien sans redessiner l'UEM.]
| Remarque de l'éditeur: Dans l'EUROPA-MAGAZIN 2/97, on n'a publié qu'un extrait de l'article. Nous avons laissé tomber tout ce qui se trouve entre "[]". Il s'agit des passages, à notre avis, trop apologétiques de l'UE et des possibilités de l'UEM. On a l'occasion de lire assez de mythologies sur l'UE et l'UEM, et nous ne nous sentons pas obligés d'en reproduire dans notre magazine où chaque ligne nous coûte (frais d'impression!!). |
